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France-Bonnets rouges

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Les Bonnets rouges

Octobre 2017

Le mouvement des Bonnets rouges est un mouvement de protestation apparu en Bretagne en , en réaction la taxe poids lourds et aux nombreux plans sociaux de l’agroalimentaire. Cette mobilisation massive pour l’emploi et contre l’écotaxe en Bretagne déstabilise le gouvernement, au point de conduire le Premier ministre à annoncer, en moins de deux mois, une grande réforme fiscale et un « Pacte d’avenir pour la Bretagne ». Après deux grandes manifestations de masse à Quimper et à Carhaix-Plouguer en , il se prolonge sous la forme d’un collectif et de comités locaux.

Les Bonnets rouges, si l’on prend comme élément concret le fait de s’en coiffer, ont fait leur apparition lors de l’assaut de plusieurs centaines de personnes contre le portique écotaxe de Pont-de-Buis le samedi , action au cours de laquelle un manifestant a la main arrachée en ramassant une grenade lancée par les forces de l’ordre. Les organisations qui sont à l’origine des trois samedis de manifestation consécutifs (les 14, 21 et ) pour atteindre le portique ont été, d’une part, les syndicalistes agricoles et, d’autre part, le Comité de convergence des intérêts bretons (CCIB. Ce même jour, Thierry Merret, président de la Fédération départementale des exploitants agricoles du Finistère, accompagné de ses collègues, prend la parole sur le terrain, à l’aide d’un mégaphone et appelle les manifestants à se rendre au « rassemblement régional » qui doit avoir lieu le  à Quimper.

Quatre jours après, le portique a été démonté sur décision du gouvernement afin qu’il ne soit plus une cible et qu’ainsi la circulation sur un axe important (Brest-Quimper) ne soit plus désorganisée

À la suite de la manifestation de Quimper, la manifestation du  à Carhaix-Plouguer est appelée par le collectif « Vivre, décider, travailler en Bretagne » qui publie, le , une « Charte des Bonnets rouges », afin de se différencier des reprises du symbole du bonnet rouge par des personnes extérieures à la Bretagne.

Ses demandes politiques y sont résumées par la gratuité des routes bretonnes (suppression définitive de l’écotaxe), l’arrêt des distorsions de concurrence et du dumping social et la relocalisation des décisions en Bretagne, tout en précisant qu’il récuse « la haine et le rejet de l’autre », afin d’écarter les récupérations par l’extrême-droite. Selon Christian Troadec : « le FN est un poison pour la Bretagne et être Bonnet rouge c’est un antidote au FN ».

Le Christian Troadec lance une sorte d’ultimatum au gouvernement pour le lendemain, à midi. Beaucoup d’observateurs considèrent que c’est une grande maladresse. Le , il appelle les Bonnets rouges à se joindre au mouvement d’opposition au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, en allant manifester le  à Nantes. Il invite : « les marins, les paysans, les ouvriers de l’agroalimentaire durement frappés par les licenciements, les petits entrepreneurs, commerçants, artisans, l’ensemble des citoyens qui refusent cette fracture territoriale à se mobiliser dès maintenant et à prendre part à ce qui aura toutes les chances d’être l’une des plus grandes manifestations de l’histoire de la Bretagne ». Le collectif « Vivre, décider, travailler en Bretagne », dont il est membre et principal porte-parole, invalide cet appel, en précisant que « dans ses prérogatives, il n’a pas à se positionner sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes », son leitmotiv étant « le maintien de l’emploi et du travail productif en Bretagne ».

Sur la base de la Charte des Bonnets rouges, des comités locaux des Bonnets rouges, qui sont aussi des associations de fait, ont été constitués partout en Bretagne historique (5 départements, dont la Loire-Atlantique) et des cahiers de doléances sont proposés à la rédaction de ceux qui le souhaitent, pour une synthèse dévoilée lors des États-Généraux de la Bretagne, le , à Morlaix.

Le mouvement initié en novembre est très disparate : « L’ensemble forme comme un trépied, […] des revendications syndicales et sociales fortes, face à la fermeture d’entreprises […], les agriculteurs de la FDSEA, à droite sur l’échiquier politique, qui demandent moins de contraintes administratives et pointent de la fourche la dictature écolo […], le vent régionaliste ou autonomiste porté par le maire de Carhaix, Christian Toadec, qui semble pousser des foules bigarrées aux couleurs des Bonnets rouges et des gwenn ha du, le drapeau breton. Enfin… une quatrième force : les patrons bretons, comme ceux de Produit en Bretagne ou de l’Institut de Locarn, réunis dans le Comité de convergence des intérêts bretons ».