Diyarbakir, c’est l’épicentre du Kurdistan turc, la capitale historique des prétentions autonomistes kurdes. En son cœur, l’antique quartier de Sur est devenu l’emblème de la résistance kurde et par conséquent un lieu à détruire pour les autorités turques. Suite à l’assassinat du célèbre avocat Tahir Elçi, militant actif de la cause kurde le 29 novembre 2015, des représailles sont lancées contre la police turque faisant 2 morts. Le couvre-feu est aussitôt déclaré annonçant le début de la guérilla urbaine. De hautes murailles séparent la vieille ville du reste de Diyarbakir. En son sein, les combattants du PKK disséminés parmi 50 000 civils s’opposent à  l’armée turque. D’un côté, quelques centaines de fusils et des bombes artisanales, de l’autre, des chars et des bombardements au mortier. Le 3 février 2016, les autorités turques décrètent une journée de trêve. Les habitants ont jusqu’au coucher du soleil pour partir. A défaut, ils seront considérés comme terroristes. Les maisons se vident précipitamment. Désemparés, accablés, les voisins, les amis s’échangent des poignées de main, des accolades mais aussi de l’entraide. Les valises sont faites à la hâte. Ils emportent ce qu’ils peuvent sur des charrettes et empruntent tous les moyens de transport disponibles capables de traverser les décombres du quartier. Le temps est compté.

Sur se vide en 8 heures.