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Inde – Les mines de Jahria

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Les mines de Jharia.

avril 2014

Inde,Jharkland,Jharia : Situé à l'ouest de Kolkata,La mine de charbon est en feu depuis plus d'un siècle.

La ville de Jharia vit sur un brasier depuis un siècle

Près de 700 000 personnes vivent au-dessus des feux souterrains des gisements miniers de Jharia. Dans cette ville de la province de Jhakhhand, le gouvernement indien attise littéralement le feu sur la ville depuis bientôt plus d’un siècle.

La fumée émanant d’une canalisation sur la route principale de Jharia, ne laisse aucun doute quant à l’étendue et à la propagation des feux souterrains. Quelques années auparavant, les feux ont gagné la gare de Jharia qui a dû être fermée depuis. 

« La compagnie minière BCCL laisse délibérément les feux se propager au-delà de l’exploitation dans le but d’étendre les zones exploitables par la compagnie, déclarées de fait comme dangereuses pour la population locale, poussée au départ », affirme Ashok Agarwal, activiste au comité Bachao du bassin houiller de Jharia, une organisation fondée par les locaux pour lutter contre les politiques répressives du gouvernement.

La région est riche en charbon mais pour réduire les coûts, l’exploitation minière se fait en majeure partie à ciel ouvert. Cette méthode est plus rentable que l’exploitation minière en grande profondeur : le coût des excavations reste bas et la productivité significativement plus forte.

Inde,Jharkland,Jharia : Tout au long du chemin qui mène des profondeurs de la mine jusqu'à la surface, les villageois ont organisé plusieurs paliers.

À Jharia, à 270 km de Ranchi, la capitale de la province de Jhakhhand, le charbon est exploité partout. Munis de pelles, les mineurs creusent et s’affairent dans les tunnels exigus près de la ville et des habitations, jusqu’aux routes et aux voies ferrées.

67 feux font rage

Bokalpari est l’un de ces nombreux quartiers affectés par les feux incessants à Jharia : pas moins de 67 feux font rage dans le ventre de la Terre. L’exploitation est une source de revenus et de subsistance pour les habitants. Mais avec l’avancée des machines modernes, la majorité de la main-d’œuvre est devenue superflue. Pour les villageois comme Shamim Khan, être mineur est devenu une malédiction. Shamim travaillait auparavant comme assistant conducteur, il est aujourd’hui sans travail.

Inde,Jharkland,Jharia : Priya Sanjay, 36 ans travaille dans la mine depuis son enfance.
Inde,Jharkland,Jharia : Le charbon récolté sera pas la suite revendu sur le marché .

« Cela fait à peu près 5 ans que je ne trouve pas de travail, confie-t-il. Mes aïeux sont venus ici il y a des décennies dans l’espoir de gagner leur vie. Ils ont tout quitté et laissé derrière eux leurs terres et leurs propriétés à Bihar. Nous ne pouvons même pas y retourner et réclamer nos terres aujourd’hui. »

Les feux dans les gisements de charbon crachent environ 1,4 milliard de tonnes de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, faisant de l’Inde le quatrième plus gros producteur d’émission de gaz à effet de serre au monde. À Jharia, l’exploitation a débuté en 1896. Après la nationalisation des bassins houillers en 1971, un grand nombre d’entre eux a été transmis à la compagnie publique Bharat Coking Coal Limited (BCCL).

Inde,Jharkland,Jharia : Les autorités ont éssayé d'éteindre le feu avec du sable puis de l'eau mais les galeries sont trop étendues en souterrain pour réussir à l'étouffer.
Inde,Jharkland,Jharia : La route autrefois bitumée s'est effondré à cause du feu souterrain qui longe les galeries.
Inde,Jharkland,Jharia : Le feu souterrain continue de courrir, il menace les villes avoisinantes. La ville d'Araria situé à plusieurs kilomètre de la mine de Jahria commence à ressentir les effets.
Inde,Jharkland,Jharia : le 24/11/2014 : Reportage sur la mine en feu depuis un siècle dans la province du Jharkland dans le village de Bokalpari.

« Cela fait à peu près 5 ans que je ne trouve pas de travail, confie-t-il. Mes aïeux sont venus ici il y a des décennies dans l’espoir de gagner leur vie. Ils ont tout quitté et laissé derrière eux leurs terres et leurs propriétés à Bihar. Nous ne pouvons même pas y retourner et réclamer nos terres aujourd’hui. »

Les feux dans les gisements de charbon crachent environ 1,4 milliard de tonnes de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, faisant de l’Inde le quatrième plus gros producteur d’émission de gaz à effet de serre au monde. À Jharia, l’exploitation a débuté en 1896. Après la nationalisation des bassins houillers en 1971, un grand nombre d’entre eux a été transmis à la compagnie publique Bharat Coking Coal Limited (BCCL).

Jusqu’à présent, la résistance des habitants et le manque de volonté des représentants ont ralenti le plan gouvernemental de relocalisation des populations dans des zones non affectées par les feux. Environ 1 100 des 2 500 familles concernées par la relocalisation ont été réinstallées dans une commune de Belgaria. Mais elles dénoncent le manque d’aménagement et de perspective d’emploi. Un grand nombre de ces familles a fini par revenir leur village ravagé par les feux.

« Le gouvernement s’amuse »

« Parce qu’il n’y a pas de travail, nous devons partir à pied pour rejoindre Bokapahari, à 13 km d’ici. Je connais des gens là-bas, il est plus facile pour moi d’y trouver un travail », confie Shamim, 45 ans, dont les deux fils sont partis à Delhi où ils sont travailleurs journaliers, rémunérés à la journée.

Pour ceux qui ont décidé de rester, les difficultés sociales s’accumulent. Les jeunes hommes et femmes qui vivent dans ces quartiers affectés par les feux à Jahria trouvent difficilement l’âme sœur. Akhatri Bano, 75 ans, a trois garçons et deux filles en âge de se marier, mais ils ne trouvent pas d’époux. « Ce n’est pas que nous n’avons pas de prétendants bien au contraire.Mais lorsqu’ils viennent nous rendre visite et découvrent que nous sommes assis sur ces braises et que de la fumée émane de nos maisons, ils fuient, raconte-t-elle. Le gouvernement peut bien s’amuser à jouer ici avec les flammes mais pourquoi le font-ils avec nos vies ? »

Inde,Jharkland,Jharia : L'état Indien a décidé de reloger la population vivant à Jahria. Les habitants se retrouvent excentrés de toutes activités et ne trouvent aucun travail.